Contre la maladie de Parkinson, la solution unique et universelle n’existe pas, il n’existe que des solutions tenues ensemble, que vous devez trouver par vous-même, pour un temps donné et dans une situation donnée. La stratégie de combat est globale et toujours évolutive : elle exige tout à la fois, un mental, un style de vie, une vision de la vie, un traitement pharmacologique, voire biotechnologique !

la Neurostimulation 'Stimulation Cérébral Profonde SCP'

Une technique très sélective

Il convient d'emblée de signaler que cette technique ne s'adresse qu'à 5 ou 10 % des parkinsoniens. La neurostimulation est une technique de neurochirurgie qui nécessite une sélection pré-opératoire drastique.

 Une ou deux électrode(s) est(sont) placée(s) dans le cerveau de la personne atteinte de la maladie de Parkinson, par chirurgie. Ces électrodes sont reliées à un générateur sous-cutané délivrant une stimulation électrique réglable. Cette stimulation est modulable et réversible.

Les inconvénients majeurs de la SCP sont l’irréversibilité et les effets indésirables graves observés en cas de lésion bilatérale : troubles cognitifs et/ou syndrome pseudo-bulbaire.

Le traitement chirurgical est palliatif, il ne protège pas de l’évolution de la maladie.

La SCP est réservée aux parkinsoniens dont la qualité de vie est altérée du fait du mauvais contrôle médicamenteux de l’état moteur, par exemple dyskinésies invalidantes liées au traitement médicamenteux et fluctuations d’effet thérapeutique. Les critères de sélection des parkinsoniens candidats à la SCP sont:
  • de moins de 70 ans car au-delà de 70 ans, les résultats sont moins probants et les risques majorés;
  • qui présentent des symptômes importants  de dyskinésies très invalidantes (formes évoluées: stades III à V de l'échelle Hoehn et Yahr) ou ayant des fluctuations motrices majeures avec des blocages prolongés;
  • chez qui, la voie médicamenteuse classique reste inefficace mais qui sont fortement dopa-sensibles ;
  • dont l'évolution dans la maladie de Parkinson est supérieure à 5 ans (ceci afin d’éviter les erreurs de diagnostic),
  • sans démence ni dépression, ou qui n'ont pas de détérioration cognitive et/ou de troubles psychiatriques non contrôlés;
  • dont la MPI évolue depuis plusieurs années ; 
  • qui ont un grand tremblement non contrôlé par le traitement;
  • qui n'ont pas de contre-indications à la chirurgie et à l’anesthésie générale et de contre-indications révélées par l’IRM cérébrale (séquelles d’AVC, malformations vasculaires, atrophie cérébrale majeure).
     
Quels sont les résultats attendus ?

Les troubles moteurs (marche, rigidité, tremblements) sont grandement améliorés : de l’ordre de 60% à 70% de réduction de l’invalidité motrice. En fait, l’amélioration est assez similaire à celle de la L-dopa, avec un meilleur contrôle des dyskinésies dû à la réduction de la posologie de L-dopa, et avec un effet permanent. On estime qu’à la suite de l’intervention, environ un quart des parkinsoniens ne nécessitent plus de traitement médicamenteux.


Quels sont les risques ?
Comme toute chirurgie, cette intervention comporte des risques dont les candidats éligibles doivent être avertis
. Les risques de la SCP sont : risque opératoire, dont celui de la formation d’un hématome intracrânien; troubles de l’humeur, changements du comportement, apathie; hémorragie intracérébrale; une infection du matériel, pouvant nécessiter le retrait du matériel et une antibiothérapie adaptée, des complications mécaniques pouvant conduire à des interventions supplémentaires (déconnexions du matériel, fractures de l’électrode, érosion cutanée...). 
Les effets secondaires indésirables liés à la stimulation (hypophonie, dysarthie, apraxie des releveurs de paupières, troubles de l’équilibre, prise de poids) peuvent être modulés en modifiant les paramètres de stimulation. 
Il ne semble pas y avoir de répercussion sur les fonctions cognitives, à condition qu’il n’existe pas de déclin cognitif au moment de l’intervention. 

Principe de la neurostimulation

La neurostimulation consiste à implanter chirurgicalement des électrodes dans le cerveau (une dans chaque hémisphère).
  • Celles-ci auront pour mission de stimuler les noyaux sous-thalamiques, des zones profondes du cerveau afin de réguler leur activité pathologique. La SCP peut être soit unilatérale soit bilatérale. Le noyau subthalamique se situe dans le cerveau profond, sous le thalamus et en-dessus du locus niger. Sa taille est celle d’un haricot (10 x 6 x 3 mm).
  •  Les électrodes sont reliées à un boîtier placé sous la peau au niveau du thorax ou du ventre. 
  • Il s'agit en quelque sorte d'un pacemaker cérébral qui possède l'indéniable avantage de ne pas léser la zone cérébrale impliquée dans la  MP. Cette technique est donc réversible : il est toujours possible de retirer le matériel en cas de problème, selon les dires du corps médical.







 
L'opération proprement dite

Cette technique, qui a vu le jour en France, doit être pratiquée par des centres experts en la matière. L'opération dure une journée entière. Les chirurgiens qui procèdent à l'opération ont parfois besoin de la collaboration de la personne opérée pour déterminer avec précision la zone où les électrodes doivent fonctionner : vous aviez bien lu, vous devez rester éveiller !
  • Dans un premier temps ils repèrent l'endroit dans lequel les électrodes seront disposées. La précision doit être absolue et il n'y a pas de droit à l'erreur.
  • Dans un second temps, une fois les électrodes mises en place, il reste à implanter le boîtier sous la peau en général sous la clavicule. Une fois le réglage de celui-ci réalisé l'opération est terminée.
L'équipe chirurgicale est constitué d'une collégialité d'experts de très haut niveau. Ces experts sont assistés par des systèmes robotiques. (humour : on n'est pas dans la configuration de la chanson de Boris Vian: 'le Blues du Dentiste').

L’opération se déroule sous anesthésie locale car il est nécessaire que la personne opérée puisse interagir avec le chirurgien qui lui demande de réaliser certains gestes afin d’optimiser l’acte opératoire. Deux minuscules électrodes sont introduites dans deux orifices de chaque côté de la boîte crânienne, puis amenées à destination grâce à un guidage par imagerie médicale. La disparition du tremblement ou de la rigidité est vérifiée pendant l’opération. Dans un deuxième temps, un boîtier de stimulation est implanté sous la clavicule, à l’instar d’un pacemaker. Il est réglable depuis l’extérieur grâce à un programmateur. Le stimulateur est activé au bout d’une semaine, puis subit différents réglages (intensité, réglage fin des quatre plots de chaque électrode) jusqu’à disparition complète des tremblements. C’est la personne opérée elle-même qui ultérieurement l’active en fonction de ses besoins.  Le remplacement de la pile nécessite une nouvelle intervention tous les 5 ans.

Neurostimulation : l'action concrète des électrodes

Concrètement, le signal électrique déclenché par le boîtier et transmis par les électrodes aux zones cérébrales concernées, va entraîner une inhibition des structures situées en amont des noyaux sous-thalamiques (structures afférentes). L'inhibition concernera en particulier les axones, la partie des neurones vouée à la propagation des signaux électriques.
  • Grâce à la neurostimulation, il devient possible de désynchroniser les neurones du noyau sous-thalamique. Or, c'est leur synchronisation qui est à l'origine d'une partie des symptômes moteurs qu'on retrouve dans la maladie de Parkinson (tremblements, akinésie, bradykinésie).
  • Leur désynchronisation relance un fonctionnement normal des noyaux, de façon indépendante et physiologique, ce qui débouche sur un retour à la normale (ou presque) du fonctionnement musculaire.


Résultats thérapeutiques

L'efficacité de la neurostimulation est prouvée et on obtient grâce à elle une réduction allant de 60 à 90 % du handicap moteur des parkinsoniens opérés. C'est en effet le tremblement qui est considérablement réduit grâce à cette opération.
  • Menée avec succès, l'opération autorise de diminuer les doses de L-dopa de moitié tout en permettant une amélioration sensible de la qualité de vie. Les parkinsonsiens opérés dorment également beaucoup mieux.
  • Après l'opération, des réglages du boîtier doivent être régulièrement effectués de façon à affiner la stimulation en fonction des réactions.
Quelques effets secondaires passagers peuvent apparaître suite à l'opération, notamment :
  • des délires
  • des hallucinations
  • des crises d'anxiété
  • des troubles cognitifs
  • une apathie
  • une prise de poids.

Débat ouvert sur la Neurostimulation 

Les propos ci-après expriment ma conviction qui n'engage que moi et que je partage volontiers avec vous, sujet à débattre entre nous.

Rappelons, encore une fois, que la SCP ne guérit pas la maladie de Parkinson, et qu'il n'existe pas à l'heure actuelle de remède à la maladie de Parkinson. Tout comme le traitement médicamenteux antiparkinsonien qui permet, lorsqu’il est optimisé, de maîtriser partiellement certains symptômes pendant 5 à 10 ans, la SCP peut améliorer les fonctions. La SCP ne guérit pas la pathologie sous-jacente. 

Il y a de nombreuses études médicales, publiées à travers le monde, qui mettent en lumière des effets secondaires inattendus de la stimulation cérébrale profonde dans la maladie de Parkinson. Si ce traitement améliore effectivement les fonctions motrices, les auteurs reconnaissent qu'il peut aussi avoir des conséquences indésirables telles que des infections, des troubles du système nerveux ou des troubles cardiaques ou psychiatriques. Mais ces travaux ne donnent pas d'informations assertives sur ces "effets secondaires", et ils ne disposent pas suffisamment de 'background', à savoir de retour d'expériences, ils reconnaissent que "la SCP ne peut se faire sans un prix en termes d'effets secondaires". En d'autres termes, "on teste sur vous, et on verra..." ! 

Par ailleurs, le dispositif médical implanté chirurgicalement pour bloquer, par stimulation télémétrique, l'activité anormale des structures cérébrales impliquées dans la maladie de Parkinson a été développé par la société Medtronic, qui a, jusqu'à nouvel ordre, le monopole mondial de la vente de ce système. La maladie de Parkinson n'échappe pas non plus à l'avidité du capitalisme : la stratégie commerciale de cette société lui permet de capter des fonds importants qui n'iront pas ainsi financer d'autres hypothèses de recherche et encore moins l'amélioration du quotidien des parkinsoniens. L'essor technique et son emprise par le capital vise plus à produire des prothèses et des traitements palliatifs, pour rendre dépendant une population de malades, plutôt que d'entretenir des laboratoires de recherche qui travaillent pour "l'amour des Hommes" et à fonds perdus. Comme tous les laboratoires universitaires sont financés directement ou indirectement par des industriels vendant des substances ou appareils pour entretenir le plus longtemps possibles ce type de "clientèle" (les maladies chroniques), on serait des doux rêveurs si on croit qu'il y a là l'idée d'un concept d'une lueur de guérison... "Eh oui Robert  ! la santé c'est aussi du business !"

voir les vidéos (âme sensible, s'abstenir):  l'opération chirurgicale SCP
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