Contre la maladie de Parkinson, la solution unique et universelle n’existe pas, il n’existe que des solutions tenues ensemble, que vous devez trouver par vous-même, pour un temps donné et dans une situation donnée. La stratégie de combat est globale et toujours évolutive : elle exige tout à la fois, un mental, un style de vie, une vision de la vie, un traitement pharmacologique, voire biotechnologique !

NBIC : la Neurostimulation 'Stimulation Cérébral Profonde SCP' en Bref

Une technique très sélective

Il convient d'emblée de signaler que cette technique ne s'adresse qu'à 5 ou 10 % des parkinsoniens. La neurostimulation est une technique de neurochirurgie qui nécessite une sélection pré-opératoire drastique.

En effet, la neurostimulation (ou stimulation cérébrale profonde, SCP) ne sera proposée qu'à des parkinsoniens motivés (présentant une MP idiopathique) :
  • de moins de 70 ans car au-delà de 70 ans, les résultats sont moins probants et les risques majorés;
  • qui présentent des symptômes importants (dyskinésies très invalidantes);
  • chez qui la voie médicamenteuse classique reste inefficace mais qui sont fortement dopa-sensibles ;
  • qui  souffrent de la maladie de Parkinson « pure » : les malades présentant un syndrome parkinsonien ne sont pas opérables;
  • dont l'évolution est supérieure à 5 ans (ceci afin d’éviter les erreurs de diagnostic),
  • sans démence ni dépression.

Quels sont les résultats attendus ?

Les troubles moteurs (marche, rigidité, tremblements) sont grandement améliorés : de l’ordre de 60% à 70% de réduction de l’invalidité motrice. En fait, l’amélioration est assez similaire à celle de la L-dopa, avec un meilleur contrôle des dyskinésies dû à la réduction de la posologie de L-dopa, et avec un effet permanent. On estime qu’à la suite de l’intervention, environ un quart des parkinsoniens ne nécessitent plus de traitement médicamenteux.


Quels sont les risques ?

•    risque opératoire, dont celui de la formation d’un hématome intracrânien,
•    troubles de l’humeur, changements du comportement , apathie,
•    risque d’infection.

Principe de la neurostimulation

La neurostimulation consiste à implanter chirurgicalement des électrodes dans le cerveau (une dans chaque hémisphère).
  • Celles-ci auront pour mission de stimuler les noyaux sous-thalamiques, des zones profondes du cerveau afin de réguler leur activité pathologique. La SCP peut être soit unilatérale soit bilatérale. Le noyau subthalamique se situe dans le cerveau profond, sous le thalamus et en-dessus du locus niger. Sa taille est celle d’un haricot (10 x 6 x 3 mm).
  •  Les électrodes sont reliées à un boîtier placé sous la peau au niveau du thorax ou du ventre. 
  • Il s'agit en quelque sorte d'un pacemaker cérébral qui possède l'indéniable avantage de ne pas léser la zone cérébrale impliquée dans la  MP. Cette technique est donc réversible : il est toujours possible de retirer le matériel en cas de problème.


L'opération proprement dite

Cette technique, qui a vu le jour en France, doit être pratiquée par des centres experts en la matière. L'opération dure une journée entière.Les chirurgiens qui procèdent à l'opération ont parfois besoin de la collaboration du patient pour déterminer avec précision la zone où les électrodes doivent fonctionner.
  • Dans un premier temps ils repèrent l'endroit dans lequel les électrodes seront disposées. La précision doit être absolue et il n'y a pas de droit à l'erreur.
  • Dans un second temps, une fois les électrodes mises en place, il reste à implanter le boîtier sous la peau en général sous la clavicule. Une fois le réglage de celui-ci réalisé l'opération est terminée.
L'équipe chirurgicale est constitué d'une collégialité d'experts de très haut niveau. Ces experts sont assistés par des systèmes robotiques. (humour: on n'est pas dans la configuration de la chanson de Boris Vian: 'le Blues du Dentiste').

L’opération se déroule sous anesthésie locale car il est nécessaire que le patient puisse interagir avec le chirurgien qui lui demande de réaliser certains gestes afin d’optimiser l’acte opératoire. Deux minuscules électrodes sont introduites dans deux orifices de chaque côté de la boîte crânienne, puis amenées à destination grâce à un guidage par imagerie médicale. La disparition du tremblement ou de la rigidité est vérifiée pendant l’opération. Dans un deuxième temps, un boîtier de stimulation est implanté sous la clavicule, à l’instar d’un pacemaker. Il est réglable depuis l’extérieur grâce à un programmateur. Le stimulateur est activé au bout d’une semaine, puis subit différents réglages (intensité, réglage fin des quatre plots de chaque électrode) jusqu’à disparition complète des tremblements. C’est le patient lui-même qui ultérieurement l’active en fonction de ses besoins.  Le remplacement de la pile nécessite une nouvelle intervention tous les 5 ans.

Neurostimulation : l'action concrète des électrodes

Concrètement, le signal électrique déclenché par le boîtier et transmis par les électrodes aux zones cérébrales concernées, va entraîner une inhibition des structures situées en amont des noyaux sous-thalamiques (structures afférentes). L'inhibition concernera en particulier les axones, la partie des neurones vouée à la propagation des signaux électriques.
  • Grâce à la neurostimulation, il devient possible de désynchroniser les neurones du noyau sous-thalamique. Or, c'est leur synchronisation qui est à l'origine d'une partie des symptômes moteurs qu'on retrouve dans la maladie de Parkinson (tremblements, akinésie, bradykinésie).
  • Leur désynchronisation relance un fonctionnement normal des noyaux, de façon indépendante et physiologique, ce qui débouche sur un retour à la normale (ou presque) du fonctionnement musculaire.


Résultats thérapeutiques

L'efficacité de la neurostimulation est prouvée et on obtient grâce à elle une réduction allant de 60 à 90 % du handicap moteur des patients opérés. C'est en effet le tremblement qui est considérablement réduit grâce à cette opération.
  • Menée avec succès, l'opération autorise de diminuer les doses de L-dopa de moitié tout en permettant une amélioration sensible de la qualité de vie. Les patients opérés dorment également beaucoup mieux.
  • Après l'opération, des réglages du boîtier doivent être régulièrement effectués de façon à affiner la stimulation en fonction des réactions.
Quelques effets secondaires passagers peuvent apparaître suite à l'opération, notamment :
  • des délires
  • des hallucinations
  • des crises d'anxiété
  • des troubles cognitifs
  • une apathie
  • une prise de poids.