Contre la maladie de Parkinson, la solution unique et universelle n’existe pas, il n’existe que des solutions tenues ensemble, que vous devez trouver par vous-même, pour un temps donné et dans une situation donnée. La stratégie de combat est globale et toujours évolutive : elle exige tout à la fois, un mental, un style de vie, une vision de la vie, un traitement pharmacologique, voire biotechnologique !

SNM : l'Insomnie










C'est Quoi ?

On parle d’insomnie lorsque vous avez de la difficulté à vous endormir ou à rester endormi(e). La plupart du temps, les parkinsoniens ont de la difficulté à rester endormi plutôt qu’à s’endormir.

Il existe deux principaux types d’insomnie :
  • Insomnie liée à des troubles d’endormissement : difficulté à s’endormir
  • Insomnie liée à des troubles du maintien du sommeil : difficulté à rester endormi, et réveil trop précoce
En général, les parkinsoniens sont davantage touchés par l’insomnie liée à des troubles de maintien du sommeil. De nombreux parkinsoniens constatent qu’ils ont de plus en plus tendance à se coucher tôt et à se lever tôt. 

   
Pourquoi cela se produit-il ?

Occasionnellement, les médicaments utilisés pour traiter la maladie de Parkinson peuvent causer de l’insomnie. La sélégiline (Eldepryl) est le médicament qui a le plus de risques de causer de l’insomnie, particulièrement s’il est pris en soirée. Par contre, l’insomnie est principalement causée par les changements produits dans le cerveau par la maladie de Parkinson.


L’insomnie peut être attribuable à de nombreuses causes. Des symptômes moteurs comme la bradykinésie, les tremblements, la dyskinésie et le syndrome des jambes sans repos peuvent fréquemment nuire au sommeil. Tous les médicaments antiparkinsoniens peuvent entraîner l’insomnie, en particulier la sélégiline prise en soirée, qui renferme des métabolites d’amphétamine.

Les symptômes neuropsychiatriques tels que les hallucinations et les délires perturbent souvent le sommeil. La nycturie est également fréquente chez les parkinsoniens. En dernier lieu, la dégénérescence des régions du cerveau qui favorisent le sommeil et celles qui interviennent dans le rythme circadien est aussi une cause importante de l’insomnie.


Que faire ?

La première étape à suivre pour traiter l’insomnie est « l’hygiène du sommeil ». L’hygiène du sommeil implique de se définir un planning fixe que l'on dit suivre. C'est facile à dire et difficile à tenir, non pas par laxisme, mais parce que les effets imprévisibles des médicaments viennent pertuber cette discipline. Toutefois, il faut s'en tenir, tant que faire se peut.

L’insomnie peut être très difficile à traiter. Les pilules pour le sommeil telles le triazepam ou le témazépam (Restoril) pourraient aider. Par contre, ces pilules ont des effets secondaires, notamment, elles endorment durant le jour. Essayez toujours d’améliorer votre hygiène du sommeil en premier. Par la suite, discutez avec votre médecin pour connaître les autres traitements disponibles. Dans plusieurs cas, il est préférable de ne pas prendre de médicament.


Traitements possibles :


  • Non pharmacologiques :

1.    Mesures d’hygiène du sommeil : Ces mesures consistent notamment à : maintenir un horaire de sommeil régulier, éviter de passer trop de temps au lit, et de faire trop de siestes durant la journée, se lever toujours à la même heure, utiliser son lit seulement pour dormir, prévoir une période de détente avant le coucher, faire de l’activité physique durant la journée, s’exposer suffisamment au soleil, faire de la chambre à coucher un endroit calme, sombre et confortable, réduire au minimum les stimulants pendant la soirée, et éviter de prendre des repas copieux le soir. L’hygiène du sommeil peut être particulièrement utile lorsqu’elle est utilisée de concert avec d’autres stratégies. 

2.    Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : La TCC n’a pas été étudiée par rapport à la MP, mais il s’agit d’un traitement éprouvé et très efficace de l’insomnie primaire. Cette thérapie vise notamment à modifier les croyances dysfonctionnelles des patients et leurs idées fausses concernant le sommeil et l’insomnie. La TCC permet aussi de reformuler les pensées qui engendrent de l’anxiété au sujet du sommeil. Il est possible d’utiliser différentes approches pour améliorer le sommeil, y compris la formation à l’hygiène du sommeil, la formation à l’application de techniques de relaxation, le contrôle des stimuli, et la restriction du sommeil.


  • Pharmacologiques :

1. Déterminer si les médicaments sont en cause. Si la personne prend de la sélégiline en après-midi ou en soirée, lui dire de la prendre plutôt le matin et le midi. Il faut éviter de prendre des sédatifs qui sont susceptibles d’entraîner une somnolence diurne.
2. Cyclopyrrolones non benzodiazépiniques : Se lient de façon sélective avec les récepteurs GABA (acide gamma-aminobutyrique), ce qui induit un effet hypnotique. Ces médicaments réduisent la latence d’endormissement, augmentent la durée du sommeil, et réduisent les épisodes de réveil. À titre d’exemples, mentionnons le zopiclone (7,5 mg au coucher) et l’eszopiclone (2 mg à 3 mg au coucher).

3. Histaminergiques : La doxépine (5 mg à 10 mg au coucher) est classée comme antidépresseur tricyclique et elle a une action antagoniste histaminergique sélective à faibles doses. Elle s’est révélée particulièrement efficace pour traiter l’insomnie liée aux troubles de maintien du sommeil lors d’études-pilotes menées auprès de personnes atteintes de la MP.

4. Mélatonine : Lors d’études-pilotes, ce médicament a amélioré la perception de la qualité du sommeil, mais il influe peu sur la durée totale du sommeil.

5. Médicaments dopaminergiques : Si des symptômes moteurs comme des tremblements ou une douleur secondaire à une rigidité perturbent le sommeil, il peut être utile d’ajouter un traitement dopaminergique. Chez certains patients, les agents dopaminergiques (en particulier les agonistes dopaminergiques) peuvent favoriser le sommeil. Les options qui s’offrent comprennent la prise de lévodopa à libération contrôlée au coucher, la prise de lévodopa au lever tôt le matin, ou l’ajout d’agents à action prolongée au régime médicamenteux quotidien.

6. Antidépresseurs sédatifs : Le trazodone, et les faibles doses de désipramine, ont des propriétés sédatives. Ces médicaments peuvent être particulièrement utiles lorsqu’une personne présente une dépression associée, mais il faut surveiller l’apparition d’effets anticholinergiques.

7. Les benzodiazépines constituent des options à court terme seulement. Ils peuvent être utiles chez certains patients, mais il faut les utiliser avec prudence chez ceux qui présentent des troubles cognitifs. Il faut éviter l’accoutumance.