Contre la maladie de Parkinson, la solution unique et universelle n’existe pas, il n’existe que des solutions tenues ensemble, que vous devez trouver par vous-même, pour un temps donné et dans une situation donnée. La stratégie de combat est globale et toujours évolutive : elle exige tout à la fois, un mental, un style de vie, une vision de la vie, un traitement pharmacologique, voire biotechnologique !

SNM : Troubles obsessionnels compulsifs TOC ou troubles du contrôle des impulsions TCI

Notes importantes : L’article qui suit vise à décrire les symptômes non-moteurs reliés à la maladie de Parkinson. Comme tout le monde est différent, il se peut que vous n’ayez jamais certains des symptômes ci-mentionnés. En outre, certains des traitements qui sont exposés dans cet article pourraient ne pas vous convenir. Il est décrit certains des effets secondaires fréquemment associés aux différents traitements, mais la liste est non exhaustive. Le présent article vise à vous informer : il ne remplace pas un avis médical ni des instructions données par un professionnel de la santé et il ne se substitue pas à des soins médicaux.


 
Qu’est-ce que c’est ? TCI ou TOC ?

Double appellation : troubles obsessionnels compulsifs TOC ou troubles du contrôle des impulsions TCI.
Près d’un parkinsonien sur huit pourrait développer un trouble obsessionnel compulsif, c’est-à-dire un comportement incontrôlable. Les comportements impulsifs, incontrôlables ou “trouble obsessionnel compulsif” (TOC) inclus:
  • le problème de jeu excessif, notamment pour des jeux à gains instantanés comme les jeux de grattage ou des machines à sous;
  • l’hyper-sexualité avec une augmentation importante de la libido et de la demande répétée auprès des conjoints ;
  • manger de façon excessive ou avoir des comportements boulimiques voire de gloutonnerie, avec un fort penchant pour les sucreries;
  • le magasinage compulsif ou des achats compulsifs qui peuvent avoir des répercussions graves sur le plan financier;
  • l’exécution répétitive, stérile et stéréotypée de tâches sans importance ( en anglais, on parle de "punding") comme ranger cent fois son bureau ou sa bibliothèque...
Les comportements décrits ci-dessus sont généralement réalisés de manière irréfléchie  et sans tenir compte des conséquences. Le spectre de sévérité de ces actes est très large qui va du simple surcroît des achats de la semaine à la ruine financière de l'entreprise familiale, voire plus ... Et ce n'est pas si rare que l'on croit !


Si vous avez déjà eu un problème de dépendance tel qu’au jeu ou à l’alcool, il se pourrait que vous soyez un sujet à risque. Par contre, un TOC peut se développer chez toutes les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Les symptômes du TOC sont habituellement causés par les effets secondaires de la médication. Les agonistes dopaminergiques tels le pramipexole (Mirapex) et le ropinirole (Requip) sont des médicaments qui risquent de développer un TOC.

Les gens qui vous entourent devraient être mis au  courant si vous êtes un sujet à développer de tels symptômes. Ainsi, ils pourront demander de l’aide lorsque celle-ci sera nécessaire. Si le TOC est problématique, la chose la plus importante est d’en informer votre médecin.

Puisque le TOC est souvent un effet secondaire de votre médication, votre médecin diminuera la plupart du temps la dose de votre traitement, ce qui règle normalement le problème.

Quand la médication est diminuée ou arrêtée, les symptômes moteurs peuvent empirer. Ainsi, vous et votre médecin devront trouver un équilibre entre les effets secondaires et les bienfaits du traitement.

Les troubles du contrôle des impulsions (TCI) ou TOC sont caractérisés par l’incapacité de la personne à résister à l’impulsion, à l’envie ou à la tentation de poser un geste présentant un danger pour elle-même ou pour les autres. Nous venons de mentionner plus haut ces troubles.  Les troubles du contrôle des impulsions qui ne sont pas décelés peuvent avoir des effets dévastateurs, et entraîner des faillites et la détérioration des relations étroites.

Le syndrome de dysrégulation dopaminergique (SDD) est une autre forme de TCI ou TOC qui se manifeste comme une « dépendance » à la lévodopa. Les parkinsoniens  présentant le SDD ressentent une grave anxiété et un sentiment d’irritation pendant les périodes d’inefficacité, et prennent une quantité excessive de médicaments pour prévenir tout signe d’une période d’inefficacité et ce, même sans l’approbation de leur médecin.



Pourquoi cela se produit-il ?

Les TCI ou TOC sont un effet secondaire des médicaments dopaminergiques. Les TCI sont principalement causés par une sur-stimulation des récepteurs D3. Les parkinsoniens qui prennent des agonistes dopaminergiques comme le pramipexole (Mirapex) et le ropinirole (Requip) sont les plus susceptibles d’éprouver des TCI. Dans l’ensemble, approximativement 15 % des parkinsoniens qui prennent des agonistes dopaminergiques peuvent présenter des TCI. Les TCI peuvent aussi être causés par des doses élevées de lévodopa, ainsi que par la stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique (SCP du NST).

Le SDD est plus fréquemment provoqué par la lévodopa que par les autres médicaments dopaminergiques.


Signaux d’alarme cliniques concernant l’apparition du SDD :
  • Apparition de la MP à un jeune âge (moins de 45 ans)
  • Antécédents de consommation abusive d’alcool ou de drogues illicites
  • Traits de personnalité correspondant à la recherche impulsive de sensations, pratique antérieure d’activités « à risque »

Traitements possibles :


  • Non pharmacologiques :

La vigilance à l’égard de ce problème est essentielle. Il arrive souvent que les parkinsoniens ne soient pas conscients du lien existant entre ce problème et les agonistes dopaminergiques et ils n’en parlent donc pas. Les parkinsoniens qui prennent des agonistes dopaminergiques  doivent faire l’objet d’un dépistage des TIC lors de chaque consultation.


  •  Pharmacologiques :

Réduire ou arrêter la prise d’agonistes dopaminergiques. Il s’agit habituellement de la première étape du traitement des TCI. Cela permet généralement de soulager les symptômes, mais pas toujours complètement. Les patients peuvent souvent tolérer des doses inférieures d’agonistes sans présenter de problèmes comportementaux, mais ils doivent faire l’objet d’une surveillance continue.

Antidépresseurs. Si les parkinsoniens ont besoin de prendre des agonistes dopaminergiques dans le cadre de leur traitement, ou si les symptômes persistent, l’utilisation d’antidépresseurs ISRS ou ISRN peut aider.