Contre la maladie de Parkinson, la solution unique et universelle n’existe pas, il n’existe que des solutions tenues ensemble, que vous devez trouver par vous-même, pour un temps donné et dans une situation donnée. La stratégie de combat est globale et toujours évolutive : elle exige tout à la fois, un mental, un style de vie, une vision de la vie, un traitement pharmacologique, voire biotechnologique !

SNM : Hypotension orthostatique


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Qu’est-ce que c’est ?

L’hypotension orthostatique (HO) est une diminution de la pression sanguine lorsque vous vous levez. Le symptôme le plus fréquent que vous pouvez ressentir lors que vous passez d’une position assise à une position débout est l’étourdissement ou la sensation de devenir faible. La confusion, le mal de tête et la douleur au niveau du cou et des épaules peuvent aussi survenir. Si la HO est sévère, vous pouvez perdre connaissance ou tomber.

Certains médicaments pour traiter la maladie de Parkinson peuvent empirer l’HO sans en être la cause. La HO fait partie prenante de la progression de la maladie elle-même; les régions responsables de l’augmentation de la pression sanguine lorsque vous vous levez se dégénèrent dans la maladie de Parkinson.

L’hypotention orthostatique est officiellement définie comme une baisse de la tension artérielle systolique d’au moins 20 mm Hg ou de la tension artérielle diastolique d’au moins 10 mm Hg lors du passage de la position couchée à la position debout. En raison de l’autorégulation cérébrale, de nombreux parkinsoniens présentant une hypotension orthostatique sont asymptomatiques. Au nombre des symptômes figurent des étourdissements, la fatigue, des maux de tête, une douleur au niveau des épaules (douleur dite « en cintre »), et un ralentissement des fonctions cognitives, qui surviennent lors du passage à la position debout, ou à l’occasion, à la suite de repas copieux. Des chutes et des évanouissements peuvent se produire lorsque l’hypotension orthostatique est sévère.


Pourquoi cela se produit-il  ?

L’hypotension orthostatique associée à la MP est due à une défaillance du réflexe des barorécepteurs (les branches cardiovagale et sympathique de celui-ci) et à une dénervation sympathique cardiaque. Le traitement dopaminergique peut aussi entraîner une hypotension orthostatique.


Traitements possibles :


Non pharmacologiques :

Il est recommandé de s'acheter un tensiomètre et tenir un journal pour faciliter l'ajustement de votre traitement médicamenteux

  1.  Diminuer ou cesser les médicaments hypotensseurs
  2. Augmenter le NaCl dans l'alimentation
  3. Encourager la consommation d’eau pour augmenter l'hydratation
  4. Accroître la consommation de sel
  5. Effectuer lentement les transferts, c'est à dire de se lever lentement et avec prudence.
  6. Éviter les repas copieux
  7. Veiller à ce que la tête de lit soit élevée durant la nuit à 30 degrés
  8. Porter des bas de contention 
  9. La pratique d’exercices pour les jambes avant de se lever peut prévenir l’hypotension orthostatique en favorisant la circulation du sang qui s’est accumulé.

Dans la pratique, ces mesures peuvent être complexes dans le contexte d’une déficience motrice, et sont souvent mal tolérées par les patients atteints de la MP.

Pharmacologiques :

1. Réévaluer les anti-hypertenseurs : En raison de l’hypotension orthostatique, la tension artérielle sur 24 heures des personnes atteintes de la MP est habituellement inférieure de 10 mm à celle de sujets témoins du même âge.
En général, les médicaments utilisés dans le traitement de l’hypotension orthostatique n’ont pas encore été étudiés par rapport à la MP.

Voici les options possibles :

2. Dompéridone (10 mg t.i.d.) : Un antagoniste des récepteurs D2 à action périphérique bloque les effets du traitement dopaminergique qui entraînent l’hypotension orthostatique. Ce médicament ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique (BHE) et n’a par conséquent aucune incidence sur les niveaux de dopamine dans le cerveau. Il peut être utile même en l’absence de traitement dopaminergique.

3. Physostigmine (Mestinon) : Une dose de 30 mg à 60 mg q.i.d. peut atténuer l’hypotension orthostatique et offre aussi l’avantage de permettre de traiter la constipation. Ce médicament peut accroître l’écoulement de salive et exacerber le dysfonctionnement urinaire.

4. Midodrine (2,5 mg à 10 mg t.i.d.) : Il s’agit d’un agent alpha-adrénergique et d’un vasopresseur. Comme les médicaments des options 5 et 6, la midodrine peut provoquer une hypertension en position couchée. Parmi les autres effets secondaires, mentionnons l’horripilation, le prurit du cuir chevelu, la paresthésie, la rétention urinaire et la miction impérieuse.

5. Fludrocortisone (0,1 mg à 0,3 mg/jour) : Il s’agit d’un minéralocorticoïde qui permet de traiter l’hypotension orthostatique en augmentant l’absorption rénale du sodium et le volume plasmatique.

6. Desmopressine (10 ug à 40 ug en vaporisation nasale ou 100 ug à 400 ug par voie orale au coucher) : La desmopressine permet de traiter l’hypotension orthostatique ainsi que la nycturie. Elle accroît le volume plasmatique en agissant sur les récepteurs V2 des tubules rénaux.

Problèmes :
• La midodrine et le fludrocortisone peuvent entraîner une hypertension en position couchée. Chez les patients qui suivent un traitement dopaminergique, la dompéridone peut constituer le traitement de première intention.